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Un peuple sacrifié pour des intérêts économiques...

vendredi 24 novembre 2017, par JFA

Les Jarawas, peuple autochtone des îles Andaman dans le golfe du Bengale (possession indienne) sont des pygmés venus d’Afrique. En 1857, les Britanniques colonisent l’archipel, déciment quelques milliers d’autochtones puis s’en désintéressent. Les Jarawas ont résisté à toute intrusion étrangère jusqu’en 1998 puis ont cessé d’attaquer les colons. Un an plus tard, un axe routier est construit sur l’île et des "safaris photographiques humains" sont organisés par des agences touristiques indiennes.
Les Jarawas vivaient dans un paradis doté de nourriture abondante : cochons sauvages, daims, poissons, fruits et légumes sauvages en abondance. Peu à peu les besoins se multiplient (torches électriques qui remplacent les flambeaux de cire d’abeilles, casseroles, vêtements apportés par les administrateurs), tandis que les ressources s’amenuisent (des braconniers y viennent chasser au fusil et massacrent le gibier). Des maladies, inconnues des Jarawas, déciment nombre d’entre eux (comme la rougeole). Malgré l’opposition d’une grande majorité de la population, l’alcool et le tabacs sont introduits. L’argent finit de détruire cette civilisation et la pénurie remplace l’abondance. L’accès direct à tous les biens et services nécessaires est remplacé par l’échange marchand. La vie sociale paradisiaque se transforme vite en cauchemar.
Les Jarawas avaient un modèle social et économique remarquable mais pas les lampes torches pour se déplacer la nuit. Ils ont maintenant la lumière mais ils ont la barbarie de la civilisation marchande, avec son cortège de violences, de destructions humaines et écologiques. Ils avaient la coopération et le bien commun, ils ont la concurrence et la propriété privée. Ils continuent à haïr notre civilisation mais se sont habitués aux casseroles, aux hameçons forgés, aux machettes... Il aurait été intéressant de les préserver de notre modèle et de s’inspirer du leur, quelques ethnologues et aventuriers l’ont suggéré, mais l’État indien les a sacrifiés aux profits financiers. Il reste environ 420 Jarawas, trop peu pour tenir tête à quelques milliards d’acros au capitalisme !

PS : Voir l’excellent reportage d’Alexandre Dereims sur France 24.